Rome
La République romaine (apogée de Rome) commence vers -500 avant J.-C., au moment de la naissance du théâtre en Grèce, et durera 500 ans. A cette époque, les Romains sont des citoyens, guerriers, disciplinés et responsables.
Pendant la période de l’Empire romain, qui durera encore 500 ans (jusqu’en 476, à la chute de l’Empire romain d’occident), les Romains ne seront plus que de simples sujets, passifs, sans responsabilité, confiant tout travail, même la guerre à des non-citoyens, souvent des étrangers. Ce qui leur laisse tout le temps de s’amuser et de goûter immodérément aux spectacles et aux jeux.
Au Ve siècle avant J.-C. – Les farces militaires
Rome est une nation de proie et de conquêtes. Les soldats, pour fêter les prises de butins, festoient goulûment en contemplant le trésor et se livrent ensuite à des jeux scéniques sous la forme de farces cocasses caricaturales. Ils étaient obligatoirement masqués, le masque préservant l’anonymat et stylisant le personnage. C’étaient des citoyens romains, les non-citoyens ne pouvant légalement masquer leur visage. Le masque préserve l’anonymat, ôte la timidité, stylise le personnage et le rend même fascinant .
En -364, des jeux scéniques contre la peste…
A cette époque, la peste frappe Rome et tout est dévasté. Les prêtres affirment que les Etrusques (peuplade d’Italie centrale conquise par Rome) connaissent des jeux scéniques ayant le pouvoir (magique ?) d’éloigner la peste.
Des Etrusques sont alors ramenés à Rome. Ce sont des saltimbanques raffinés, chanteurs, danseurs, jongleurs, prestidigitateurs, portant des costumes bizarres et inquiétants, qui installent leurs tréteaux en pleine ville pour se livrer à des ‘jeux scéniques’. L’estrade est réservée aux ‘comédiens’ et interdite aux citoyens romains : si un citoyen romain devait y monter, il serait frappé d’infamie et perdrait ses droits civiques.
Considérés comme un remède magique et livrés par une peuplade méprisée (‘des vaincus’), ces jeux fascinent les Romains, tout en les effrayant.
On peut y voir une première ‘malédiction’ des comédiens et la source de toutes les autres, notamment leur excommunication par l’Eglise (levée seulement en 1922 !)
La peste disparue, ces jeux étrusques donnés aux quatre coins de la ville sont intégrés aux ‘ludi’, ou jeux de l’hippodrome, sortes de cérémonies religieuses en l’honneur d’un dieu, d’un général victorieux ou d’un riche patricien, par exemple.
Les acteurs appelés ‘histrions’ ne sont plus exclusivement des Etrusques, mais aussi des esclaves ou des affranchis, toujours interdits de porter le masque.
En -241, les Romains découvrent le théâtre grec…
Les jeux étrusques sont remplacés par les jeux grecs, qui eux, racontent une histoire. Le théâtre grec devient bientôt la principale attraction des ‘ludi’.
La tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur. grecque (cothurnata) a la faveur du public romain. Les acteurs portent des cothurnes démesurés et pas de masque. Ce sont les ‘histrions’ des jeux étrusques, esclaves ou affranchis. Et toujours non citoyens. Ce sont aussi des professionnels, sous l’autorité d’un professionnel (dominus gregis = chef du troupeau ou de la troupe). Ils sont au ban de la société, mais parfois riches et célèbres aussi et exercent alors une véritable fascination sur le public. Bien sûr, en tant que non citoyens, ils n’ont pas le droit de porter le masque. Ils se maquillent et font des jeux de physionomie du visage qui imitent le masque.
Les auteurs pastichent les auteurs grecs (pas d’adaptation ni de traduction) et vendent leurs pièces. Mais pour les Romains, il est impensable que les problèmes de la République soient portés à la scène et que des ‘leçons’ sortent de la bouche des histrions, ces esclaves de Rome (il n’y a pas de théâtre civique transposé à Rome).
Exodium
Les riches patriciens n’apprécient pas qu’avec le théâtre grec, ce soit en quelque sorte l’intellectualisme métèque qui occupe l’avant de la scène. Ils veulent des farces, des satires : les Atellanes, sortes de farces campagnardes, vaudevillesques’ parlées et dansées. c’est un peu l’origine du mimeAu sens premier, imitation directe d'une action, racontant une histoire par gestes. Le mime d'aujourd'hui se distingue de la pantomime en ce qu'il tend davantage, comme la danse, à se libérer d'une trop grande figuration, d'une trop grande référentialité, pour mettre l'accent sur la création de formes nouvelles, parfois abstraites. Pavis 1987, p. 240-241. Voir pantomime..
C’est à ce moment aussi que sera créé l’exodium, farceComédie triviale souvent caractérisée par une tromperie, et se terminant tout aussi souvent par une bastonnade. Bourassa 1968, p. 37. comique jouée après la tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur. par de jeunes citoyens romains masqués (sorte de parodiePièce ou fragment de pièce du genre burlesqueForme de comique outré, employant des expressions triviales pour travestir des personnages et des situations héroïques; l'épopée burlesque apparaît en France au milieu du XVIIe s., et René-Louis Chartier de Lotbinière en signe une au Québec en 1666. La comédie burlesque du XXe s. s'en prend surtout, sur des canevasRésumé ou scénario d'une pièce pour les improvisations des acteurs, en particulier ceux de la commedia dell'arte.Pavis 1987, p. 63. grotesques et parfois grivois, aux croyances et aux institutions, usant de techiques particulières, comme la ligne de fille et un personnage remplissant le rôle de faire-valoir (angl. : straight-man). Pavis 1987, p. 59-60; Robert 1991. où l'on travestit une ou des pièces nobles (ex. : Les Grenouilles d'Aristophane). Robert 1991; Pavis 1987, p. 274-275. de la tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur. qui venait de se jouer).
Plaute et la Palliata
La Palliata est, pour nous, typique du théâtre latin pour la bonne raison que ses auteurs Plaute et Térence entre autres, sont les seuls dramaturges latins ( avec Sénèque, tragique tardif) à avoir échappé aux destructions diverses de leurs œuvres au cours des siècles.
Mais le public de l’époque lui préférait la tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur. et les farces de l’exodium, ayant sans doute largement inspiré Plaute.
Plaute (de -251 à -184) était un citoyen romain d’origine modeste. Auteur de comédies : des palliatae. Mauvais acteur, il écrit pour vivre. Largement inspiré de Ménandre (voir plus haut – ComédieAction scénique qui provoque le rire par la situation des personnages ou par la description des moeurs et des caractères, et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est heureux. Une comédie de Molière, Tartuffe, fut en Nouvelle-France l'objet d'une mise en scène dont la présentation au public fut empêchée par une intervention épiscopale en 1694; une autre, Le Misanthrope, fut traduite en anglais et montée par le gouverneur huguenot Paul Mascarène à Port-Royal en 1743. Pavis, p. 76-82; Bourassa 1968, p. 37; Benson et Conolly, p. 388. nouvelle en Grèce) et de ses farces Il devient le maître de la comédieAction scénique qui provoque le rire par la situation des personnages ou par la description des moeurs et des caractères, et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est heureux. Une comédie de Molière, Tartuffe, fut en Nouvelle-France l'objet d'une mise en scène dont la présentation au public fut empêchée par une intervention épiscopale en 1694; une autre, Le Misanthrope, fut traduite en anglais et montée par le gouverneur huguenot Paul Mascarène à Port-Royal en 1743. Pavis, p. 76-82; Bourassa 1968, p. 37; Benson et Conolly, p. 388. ‘motoria’ (mouvementée). Parmi ses œuvres : Amphitryon, Aulularia, dont Molière tirera l’Avare.
Les acteurs de ces comédies sont des professionnels, sans masque, qui jouent notamment en langage codé (jeux de doigts). Pourquoi ? Se produisant devant un public de 2.000 à 3.000 personnes, debout, entendant et voyant mal, les acteurs doivent se faire ‘voir’ autrement. Leurs textes sont chantés (canticum) et sont constitués de nombreux monologues, donnant aux acteurs l’occasion de ‘faire leur numéro’ et de montrer leur savoir-faire.
Roscius, l’acteur ‘vedette’
A l’apogée de la République, un acteur marquera son temps. Roscius, non citoyen romain, né d’un père affranchi. Devient rapidement un acteur en vue (comédien, danseur, chanteur). Technicien de théâtre et professeur hors pair, il écrit des traités sur le théâtre (De Actor). Il ne veut plus que l’on parle d’histrions en parlant des acteurs mais souhaite que ceux-ci puissent être des citoyens à part entière. Il impose d’ailleurs le port du masque (interdit aux acteurs, car non citoyens romains, à l’exception des jeunes romains masqués qui se produisent dans les
exodiums), contre toute légalité. Son influence durera jusqu’à la fin de la République (-27).
Car ensuite, deux formes de spectacleCe qui s'offre au regard (performance aussi bien que représentation). Un des six éléments de la tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur., selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la fableSuite de faits qui constituent l'élément narratif d'une oeuvre, agencement en système des faits racontés, logique des actions et syntaxe des personnages. Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la pensée et le spectacle. Robert 1991; Ubersfeld 1996, p. 41-42. et la pensée. Pavis 1987, p. 142. remplaceront la tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur., la comédieAction scénique qui provoque le rire par la situation des personnages ou par la description des moeurs et des caractères, et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est heureux. Une comédie de Molière, Tartuffe, fut en Nouvelle-France l'objet d'une mise en scène dont la présentation au public fut empêchée par une intervention épiscopale en 1694; une autre, Le Misanthrope, fut traduite en anglais et montée par le gouverneur huguenot Paul Mascarène à Port-Royal en 1743. Pavis, p. 76-82; Bourassa 1968, p. 37; Benson et Conolly, p. 388. et l’atellane:
- le mimeAu sens premier, imitation directe d'une action, racontant une histoire par gestes. Le mime d'aujourd'hui se distingue de la pantomime en ce qu'il tend davantage, comme la danse, à se libérer d'une trop grande figuration, d'une trop grande référentialité, pour mettre l'accent sur la création de formes nouvelles, parfois abstraites. Pavis 1987, p. 240-241. Voir pantomime. ; pièce faite d’une suite de sketches ‘vaudevillesques’ où l’on parle et où les femmes apparaissent comme danseuses ;
- la pantomimeSpectacleCe qui s'offre au regard (performance aussi bien que représentation). Un des six éléments de la tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur., selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la fableSuite de faits qui constituent l'élément narratif d'une oeuvre, agencement en système des faits racontés, logique des actions et syntaxe des personnages. Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la pensée et le spectacle. Robert 1991; Ubersfeld 1996, p. 41-42. et la pensée. Pavis 1987, p. 142. composé des seuls gestes du comédien. Se distingue du mimeAu sens premier, imitation directe d'une action, racontant une histoire par gestes. Le mime d'aujourd'hui se distingue de la pantomime en ce qu'il tend davantage, comme la danse, à se libérer d'une trop grande figuration, d'une trop grande référentialité, pour mettre l'accent sur la création de formes nouvelles, parfois abstraites. Pavis 1987, p. 240-241. Voir pantomime. en ce qu'elle vise plus souvent à amuser et qu'elle tient lieu de récitFableSuite de faits qui constituent l'élément narratif d'une oeuvre, agencement en système des faits racontés, logique des actions et syntaxe des personnages. Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la pensée et le spectacle. Robert 1991; Ubersfeld 1996, p. 41-42. (voir ce mot). DiscoursMode d'appréhension du langage, considéré non comme structure arbitraire (langue), mais comme activité de sujets inscrits dans un système déterminé. Se dit d'une unité linguistique constituée d'une succession de phrases (linguistique textuelle), d'une unité de communication relevant d'un genre déterminé (théâtre), d'un système partagé dans un champ d'application (discours socialiste) ou de l'association d'un texte et de son contexte. Maingueneau, p. 28-29. Voir axe discursif. d'un personnage narrant un événement qui s'est produit hors scène (ex. : récit de Théramène, dans Phèdre, de Jean Racine). Pavis 1987, p. 325-326; Ubersfeld 1996, p. 70. Voir tirade.
, avec force gestes, figuratifs et même réalistes, remplaçant une série de phrases. Pavis 1987, p. 271. : sorte de ‘one man show’ muet d’un acteur, entouré de danseuses, danseurs, musiciens, figurants et d’imposants décors, et où seul le langage des mains est admis.
Ce sont en réalité, non plus du théâtre, mais des spectacles de variétésSpectacle présentant diverses attractions (chansons, danses, etc). Larousse 1995., de music-hall.
Vers -55 (sous Pompée) apparaissent les premiers théâtres en pierre, (non plus en bois) qui foisonneront ensuite un peu partout dans l’Empire. Pour la première fois, les spectateurs sont assis (non plus debout). Le nombre de jours dédiés au théâtre à Rome est à ce moment-là de 100 jours par an. A la fin de l’Empire, le théâtre y sera quasi quotidien pendant toute l’année.
A Rome, pendant que l’élite s’adonne aux lectures publiques, la rue s’exhalte pour les ‘archimimes’, vedettes de la pantomimeSpectacleCe qui s'offre au regard (performance aussi bien que représentation). Un des six éléments de la tragédieAction scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est généralement funeste. La première présentée en Nouvelle-France fut Héraclius de Pierre Corneille, en 1651, du vivant de l'auteur., selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la fableSuite de faits qui constituent l'élément narratif d'une oeuvre, agencement en système des faits racontés, logique des actions et syntaxe des personnages. Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la pensée et le spectacle. Robert 1991; Ubersfeld 1996, p. 41-42. et la pensée. Pavis 1987, p. 142. composé des seuls gestes du comédien. Se distingue du mimeAu sens premier, imitation directe d'une action, racontant une histoire par gestes. Le mime d'aujourd'hui se distingue de la pantomime en ce qu'il tend davantage, comme la danse, à se libérer d'une trop grande figuration, d'une trop grande référentialité, pour mettre l'accent sur la création de formes nouvelles, parfois abstraites. Pavis 1987, p. 240-241. Voir pantomime. en ce qu'elle vise plus souvent à amuser et qu'elle tient lieu de récitFableSuite de faits qui constituent l'élément narratif d'une oeuvre, agencement en système des faits racontés, logique des actions et syntaxe des personnages. Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la pensée et le spectacle. Robert 1991; Ubersfeld 1996, p. 41-42. (voir ce mot). DiscoursMode d'appréhension du langage, considéré non comme structure arbitraire (langue), mais comme activité de sujets inscrits dans un système déterminé. Se dit d'une unité linguistique constituée d'une succession de phrases (linguistique textuelle), d'une unité de communication relevant d'un genre déterminé (théâtre), d'un système partagé dans un champ d'application (discours socialiste) ou de l'association d'un texte et de son contexte. Maingueneau, p. 28-29. Voir axe discursif. d'un personnage narrant un événement qui s'est produit hors scène (ex. : récit de Théramène, dans Phèdre, de Jean Racine). Pavis 1987, p. 325-326; Ubersfeld 1996, p. 70. Voir tirade.
, avec force gestes, figuratifs et même réalistes, remplaçant une série de phrases. Pavis 1987, p. 271., qui a alors évincé tous les autres genres. Dans cette cité multiculturelle, où l’on parle toutes les langues, le geste est roi. Les jeux de l’Amphithéâtre donnent la part belle aux jeux ‘spectacles’ où l’obscénité (amour physique en public), la violence et la cruauté (mutilations, mises à mort réelles d’animaux ou d’hommes) sont omniprésentes et font le bonheur du public.
Pour en revenir à la place de la femme, nous l’avons vu, elle n’a pas de place au théâtre durant la période gréco-romaine. C’est ce que confirme Franca Rame dans Le gai savoir de l’acteur de Dario Fo, p. 277 :
« … On sait qu’autrefois, les seules qui avaient le droit de monter sur scène, ne serait-ce que dans une taverne, étaient les femmes-jongleurs, les « jongleresses ». Pour la période chrétienne, nous avons des témoignages sur des danseuses illustres, comme Théodora de Byzance. Les fresques de Cnossos (Crète), trois mille ans avant Jésus-Christ, montrent des jeunes filles acrobates, mais on n’a guère de renseignements touchant des actrices pour toute la période gréco-romaine… »
Dès le Ve siècle de notre ère, l’Empire romain qui, durant le siècle précédent, a été partagé en deux (Occident et Orient), s’effondre peu à peu sous le déferlement des invasions barbares.
Autre fait marquant : le christianisme est reconnu comme religion d’Etat en 391 après Jésus Christ. Les pères de la nouvelle Eglise condamnent le ‘théâtre’ tel qu’il était à l’époque, non seulement à cause de l’obscénité et de la violence qui le caractérisent, mais aussi parce que ce ‘théâtre’ célèbre les dieux païens.
Curieusement, cependant, on sait qu’un concile de Carthage au IVe siècle a condamné les préjugés à l’égard des comédiens ! Curieusement aussi, des essais de théâtre chrétien apparaissent. On dit que Saint-Augustin aurait lui-même fait du théâtre (comme chorège, et peut-être comme acteur) dans la ville de Carthage, au début du Ve siècle.
Puis, on assiste, durant 600 ans, à un véritable ‘vide’. Les invasions qui déferlent sur l’Europe et les populations ont bien d’autres préoccupations que d’assister à des divertissements et de spectacles. Seuls subsistent des saltimbanques, des montreurs d’ours, des acrobates et des conteurs, mais de théâtre, il n’en est plus question.
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Toutes les pages :
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- Le théâtre médiéval
- Le théâtre profane
- Le temps des auteurs
- Angleterre : le théâtre élisabéthain
- L’Italie : la Commedia Dell’Arte
- La France : le Monopole
- Après Molière… La ComédieAction scénique qui provoque le rire par la situation des personnages ou par la description des moeurs et des caractères, et dont le dénouementEnsemble des motifs qui dérangent l'immobilité de la situation initiale et qui entament l'action; Pavis 1987, p. 263. Point culminant entre les péripéties de nouement et de dénouement; Robert 1991. Voir péripéties. est heureux. Une comédie de Molière, Tartuffe, fut en Nouvelle-France l'objet d'une mise en scène dont la présentation au public fut empêchée par une intervention épiscopale en 1694; une autre, Le Misanthrope, fut traduite en anglais et montée par le gouverneur huguenot Paul Mascarène à Port-Royal en 1743. Pavis, p. 76-82; Bourassa 1968, p. 37; Benson et Conolly, p. 388.-Française
- La Foire
- le temps de Voltaire (1694-1778), de Marivaux (1688-1763)
- Le Boulevard du Temple… Boulevard du Crime
- 1791 : enfin, la liberté des théâtres en France
- Au XIXe siècle
- Fin du XIXe, XXe siècle : les metteurs en scène
- Les années soixante