{"id":2427,"date":"2011-08-05T15:07:22","date_gmt":"2011-08-05T19:07:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/?page_id=2427"},"modified":"2017-02-13T12:23:02","modified_gmt":"2017-02-13T17:23:02","slug":"monologues-a-jouer-avec-des-eleves","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/textes-a-jouer-avec-vos-eleves\/monologues-a-jouer-avec-des-eleves\/","title":{"rendered":"Monologues"},"content":{"rendered":"<h2><strong>Monologues classiques<\/strong><\/h2>\n<p>1. JEAN (Gar\u00e7on) -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<\/p>\n<p>Envoie-donc, Marie\u2026 Je me ronge les sangs, puis \u00e7a fait un bon bout de temps, \u00e0 cause de toi. Tu le sais l\u00e0. Je devrais pas te le dire, tu vas rire de moi. Je mets peut-\u00eatre la charrue devant les b\u0153ufs en te disant \u00e7a, mais\u2026 Ah ! Je dois \u00eatre rouge comme une tomate\u2026 tu dois me trouver niaiseux, hein ? En tout cas, c\u2019est clair comme de l\u2019eau de roche.. Puis, c\u2019est pas te conter fleurette si je te dis que\u2026 que\u2026 J\u2019ai les deux pieds dans la m\u00eame bottine, bonyenne !\u2026 Je te cours apr\u00e8s, Marie. Je pense \u00e0 toi et c\u2019est pas d\u2019hier. C\u2019est \u00e7a, g\u00eanes-toi pas, ris-moi ne pleine face, j\u2019ai le dos large.<br \/>\nYves Sauvageau, JEAN ET MARIE<\/p>\n<p>2. Antigone (fille) -&gt; International<\/p>\n<p>Comprendre\u2026 Vous n\u2019avez que ce mot-l\u00e0 \u00e0 la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu\u2019on ne peut toucher \u00e0 l\u2019eau, \u00e0 la belle eau fuyante et claire parce que \u00e7a mouille les dalles, \u00e0 la terre parce que \u00e7a tache les robes. Il fallait comprendre qu\u2019on ne doit pas manger tout \u00e0 la fois, donner tout ce qu\u2019on a dans les poches au premier mendiant qu\u2019on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop t\u00f4t ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre.. Moi, je ne veux pas comprendre, Je comprendrai quand je serai vieille\u2026 Si je deviens vieille\u2026 Pas maintenant.<br \/>\nJean Anouilh, ANTIGONE<\/p>\n<p>3. Paolino (sous menace de mort) (Gar\u00e7on) -&gt; International<\/p>\n<p>Vous m\u2019insultez ! Je suis un homme honn\u00eate, moi ! Je suis un homme de conscience, moi ! Je suis un homme qui peut arriver \u00e0 se trouver, bien s\u00fbr \u2013sans le vouloir &#8211; dans une situation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Mais ce n\u2019est pas vrai, pas vrai que je voudrais me servir des femmes des autres. Parce que s\u2019il en \u00e9tait ainsi, je ne vous aurais pas dit ce que je viens de vous dire, qu\u2019un mari ne devrait jamais n\u00e9gliger sa femme. Et j\u2019ajoute maintenant qu\u2019un mari qui n\u00e9glige sa femme commet, selon moi, un crime ! Et pas rien qu\u2019un ! Plusieurs crimes ! Parce que non seulement il oblige sa femme \u00e0 manquer \u00e0 ses devoirs en envers elle-m\u00eame, envers son honn\u00eatet\u00e9, mais parce qu\u2019il peut aussi obliger un homme, un autre homme, \u00e0 \u00eatre malheureux toute sa vie. Eh oui !<br \/>\nLuigi Pirandello, L\u2019HOMME LA B\u00caTE ET LA VERTUE<\/p>\n<p>4. \u00c9lectre (Fille) -&gt; International<\/p>\n<p>C\u2019est justement ce que je ne peux pas supporter d\u2019elle, qu\u2019elle m\u2019ait mis au monde. C\u2019est l\u00e0 ma honte. Il me semble que par elle, je suis entr\u00e9e dans la vie d\u2019une fa\u00e7on \u00e9quivoque et que sa maternit\u00e9 n\u2019est qu\u2019une complicit\u00e9 qui nous lie. J\u2019aime tout ce qui, dans ma naissance revient \u00e0 mon p\u00e8re. J\u2019aime \u00e0 ses yeux son cerne de futur p\u00e8re, j\u2019aime cette surprise qui le remua le jour o\u00f9 je suis n\u00e9e, \u00e0 peine perceptible, mais d\u2019o\u00f9 je me sens issue plus que des souffrances et des efforts de ma m\u00e8re. Je suis n\u00e9e la nuit d\u2019un profond sommeil, de sa maigreur de neuf mois, des consolations qu\u2019il prit avec d\u2019autres femmes pendant que ma m\u00e8re me portait, du sourire paternel qui suivit ma naissance. Tout ce qui est de cette naissance du c\u00f4t\u00e9 de ma m\u00e8re, je le hais.<br \/>\nJean Giraudoux, ELECTRE<\/p>\n<p>5. Bertha (Fille) -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<\/p>\n<p>Si c\u2019est une chance qui s\u2019offre \u00e0 toi, ma p\u2019tite fille, manque-la pas ! Ton Bonheur c\u2019est toi qui le fais. Moi, si ma vie \u00e9tait \u00e0 recommencer, j\u2019y penserais deux fois\u2026 Ma vie\u2026 Je suis encore bonne d\u2019appeler \u00e7a une vie. J\u2019aurais pas d\u00fb me remarier. Je l\u2019ai fait parce que j\u2019avais pas envie d\u2019\u00eatre oblig\u00e9e de laver des planchers d\u2019un bord pis de l\u2019autre de la ville. Je l\u2019ai fait pour \u00eatre capable de vous faire vivre, Armand pis toi. J\u2019ai accroch\u00e9 le premier veuf qui m\u2019est tomb\u00e9 sous la main. Il m\u2019a rien donn\u00e9. A part fleurette, rien\u2026 Pis un jour, tu vieillis pis t\u2019engraisse, les enfants t\u2019insultent dans la rue, mais t\u2019as pas les moyens de te d\u00e9fendre\u2026 M\u00eame si tu voulais te d\u00e9fendre, tu sais \u00e0 l\u2019avance que c\u2019est inutile. T\u2019es pas plus qu\u2019un chien, tu vis comme un chien pis tu meurs comme un chien. Je te le dis, Marguerite, lasse-toi pas prendre comme moi.<br \/>\nMarcel Dub\u00e9, UN SIMPLE SOLDAT<\/p>\n<p>6. C\u00e9cile (fille) -&gt; International<\/p>\n<p>Mais, on ne me dit rien, de sorte que, dans l\u2019ignorance o\u00f9 je suis, je commets bien des b\u00eatises. Par exemple, hier, maman m\u2019a dit de passer chez elle. Si c\u2019\u00e9tait le monsieur qu\u2019elle voulait me pr\u00e9senter, me dis-je ! En entrant chez maman, j\u2019ai vu le monsieur en noir, debout pr\u00e8s d\u2019elle. La main me tremblait et le c\u0153ur me battait. Je me suis assise sur un fauteuil, bien rouge et bien d\u00e9concert\u00e9e. J\u2019y \u00e9tais \u00e0 peine que voil\u00e0 cet homme \u00e0 mes genoux. J\u2019ai alors perdu la t\u00eate. Je me suis lev\u00e9e en jetant un cri per\u00e7ant\u2026 comme lorsqu\u2019il fait tonnerre. Maman est partie d\u2019un \u00e9clat de rire en me disant : \u00ab eh bien, qu\u2019avez-vous ? Donnez votre pied \u00e0 monsieur\u2026 \u00bb Le monsieur \u00e9tait cordonnier. Je ne peux pas vous rendre combien j\u2019ai \u00e9t\u00e9 honteuse.<br \/>\nChoderlos de Laclos, Paul Achard, LES LIAISONS DANGEREUSES<\/p>\n<p>7. Judith (Fille) -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<br \/>\nNon, non, Jacqueline. Chus pas venue pour \u00e7a, pis tu l\u2019sais. \u00c7a fait longtemps que j\u2019te l\u2019ai \u00e9crit d\u2019la mettre dans une place o\u00f9 on s\u2019occuperait d\u2019elle. \u00c7a fait longtemps que j\u2019tai dit que j\u2019m\u2019en occuperais pas, pis qu\u2019tu pouvais prendre toute son argent pour qu\u2019elle aye les meilleurs soins, le meilleur personnel. C\u2019est son argent, c\u2019est sa maladie, c\u2019est sa vie pis sa mort. Je l\u2019vivrai pas pour elle, certain. Y a quat\u2019cinq ans, quand tu m\u2019as \u00e9crit qu\u2019a \u00e9tait Alzeimer, c\u2019est \u00e7a que j\u2019t\u2019ai dit. Rien d\u2019autre. C\u2019tu vrai ou ben c\u2019pas vrai ? Tu veux sauver ta m\u00e8re comme si c\u2019\u00e9tait ta vie qu\u2019tu sauvais. C\u2019est d\u2019tes affaires. Mais moi, c\u2019est pas ma game. Pis arr\u00eate de vouloir toutes nos enr\u00f4ler dans l\u2019op\u00e9ration sauvetage. T\u2019es comme elle. Quand t\u2019as quelle chose dans la t\u00eate, faut qu\u2019tout le monde fasse comme t\u2019as d\u00e9cid\u00e9, pis tu nous tuerais pour avoir c\u2019que tu veux. Sauves-la si tu peux, mais embarque mois pas l\u2019a-d\u2019dans. Ni moi, ni Micheline, as-tu compris ?<br \/>\nMarie Laberge, OUBLIER<\/p>\n<p>8. CYRANO -&gt; International<br \/>\nAh ! non ! C\u2019est un peu court, jeune homme !<br \/>\nOn pouvait dire&#8230; Oh ! Dieu !&#8230; bien des choses en somme&#8230;<br \/>\nEn variant le ton, par exemple, tenez<br \/>\nAgressif : \u00ab Moi, monsieur, si j&#8217;avais un tel nez, il faudrait sur-le-champ que je me l&#8217;amputasse ! \u00bb<br \/>\nDescriptif : \u00ab C&#8217;est un roc !&#8230; c&#8217;est un pic !&#8230; c&#8217;est un cap ! Que dis-je, c&#8217;est un cap ?&#8230; C&#8217;est une p\u00e9ninsule ! \u00bb<br \/>\nTendre : \u00ab Faites-lui faire un petit parasol de peur que sa couleur au soleil ne se fane ! \u00bb<br \/>\nCavalier : \u00ab Quoi, l&#8217;ami, ce croc est \u00e0 la mode ? Pour pendre son chapeau, c&#8217;est vraiment tr\u00e8s commode ! \u00bb<br \/>\nDramatique : \u00ab C&#8217;est la Mer Rouge quand il saigne ! \u00bb<br \/>\nAdmiratif : \u00ab Pour un parfumeur, quelle enseigne ! \u00bb<br \/>\nNa\u00eff : \u00ab Ce monument, quand le visite-t-on ? \u00bb<br \/>\nMilitaire : \u00ab Pointez contre cavalerie ! \u00bb<br \/>\n&#8211; Voil\u00e0 ce qu&#8217;\u00e0 peu pr\u00e8s, mon cher, vous m&#8217;auriez dit<br \/>\nSi vous aviez un peu de lettres et d&#8217;esprit<br \/>\nMais d&#8217;esprit, \u00f4 le plus lamentable des \u00eatres,<br \/>\nVous n&#8217;en e\u00fbtes jamais un atome, et de lettres<br \/>\nVous n&#8217;avez que les trois qui forment le mot : sot !<br \/>\nEussiez-vous eu d\u2019ailleurs l\u2019invention qu\u2019il faut<br \/>\nPour me les servir devant cette noble galerie.<br \/>\nJe me les sers moi-m\u00eame, avec assez de verve,<br \/>\nMais je ne permets pas qu&#8217;un autre me les serve.<br \/>\nRostand Edmond, CYRANO DE BERGERAC<\/p>\n<p>9. Anne (Fille) -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<br \/>\n\u00c9coute moi un peu, T\u00e9lesphore Archambault. Si je me suis embarqu\u00e9e sur le plus beau bateau du monde, le plus grand, la merveille technique moderne, c\u2019est quand m\u00eame pas pour m\u2019en sauver dans un canot \u00e0 rame avec la ceinture pneumatique accroch\u00e9e au cou comme une bavette de b\u00e9b\u00e9. Et puis, veux-tu que je te dise, \u00ab Les femmes et les enfants d\u2019abord \u00bb, je trouve \u00e7a niaiseux. Devant la mort, tout le monde a le m\u00eame poids, le m\u00eame \u00e2ge, le m\u00eame sexe. Personne n\u2019y comprend rien et surtout pas les humains. Un chien, une fourmi, une plante en savent autant l\u00e0-dessus et peut-\u00eatre m\u00eame plus que n\u2019importe quel humain\u2026 Me sauver ? Pour quoi faire ? Pour pr\u00e9server tout \u00e7a, toutes ces cat\u00e9gories ? Ces casiers \u00e0 remplir comme dans ton \u00e9picerie. \u00c7a n\u2019aurait pas d\u2019allure. \u00c7a n\u2019aurais aucun sens.<br \/>\nJean-Pierre Ronfard, LE TITANIC<\/p>\n<p>10. Francine (Fille) -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<br \/>\nBon \u00e9coutez ! On peut pas dire que je suis venue en th\u00e9rapie parce que j\u2019\u00e9tais en d\u00e9pression profonde, hein ? Claudette tant\u00f4t, elle disait : \u00ab Si toi t\u2019es d\u00e9prim\u00e9e, moi je suis au bord du suicide. \u00bb (elle ricane) Je veux dire que je suis ici parce que, \u00e0 un moment donn\u00e9, ben, y\u2019a trois mois, \u00e0 peu pr\u00e8s, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019effectivement y\u2019\u00e9tais peut-\u00eatre temps que j\u2019envisage le paradoxe de ma vie, vous savez ? Ben, j\u2019aime ma job au journal, j\u2019ai des projets, j\u2019ai des amis, j\u2019ai une vie sociale assez int\u00e9ressante, c\u2019est un peu comme si mon seul probl\u00e8me dans la vie c\u2019est d\u2019\u00eatre \u00ab grasse \u00bb, mais j\u2019veux dire\u2026 \u00e0 un moment donn\u00e9, \u00e7a m\u2019a comme saut\u00e9 aux yeux.. ben. Ce que je comprends, c\u2019est que mon probl\u00e8me de poids a pas grand-chose \u00e0 voir avec ma volont\u00e9. J\u2019veux dire, comment \u00e7a se fait que je r\u00e9ussis dans tout, pis ce que je d\u00e9sire le plus au monde, \u00eatre mince, j\u2019y arrive pas ? C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e7a que je vous avais dit la premi\u00e8re fois, hein ?<br \/>\nJacqueline Barrette, LES LARMES VOL\u00c9ES<\/p>\n<p>11. Dona Francisca -&gt; International<br \/>\nTout ce que j\u2019apprenais de lui me le faisait aimer chaque jours d\u2019avantage. J\u2019\u00e9tais s\u00fbre qu\u2019il m\u2019aimait. Toutefois il se faisait un scrupule de m\u2019avouer sa passion. Je r\u00e9solus donc \u00e0 lui parler la premi\u00e8re et de s\u2019obliger de se d\u00e9clarer. Souvent, j\u2019amenais une conversation d\u00e9tourn\u00e9e, afin d\u2019amener de bien loin le mot amour et quand venait le moment de prononcer le mot magique, je manquais de courage et je n\u2019osais. Enfin, un soir, nous dansions dans le jardin, et lui, debout, adoss\u00e9 contre un arbre nous regardait. En tournant devant lui. Une fleur qui \u00e9tait dans mes cheveux tomba \u00e0 ses pieds. D\u2019abord il fit semblant de ne pas s\u2019en apercevoir, mais il laissa tomber son mouchoir n\u00e9gligemment sur la fleur, puis il se baissa pour le ramasser et il ramassa la fleur en m\u00eame temps.<br \/>\nProsper M\u00e9rim\u00e9, L\u2019OCCASION<\/p>\n<p>12. Lucy (fille) -&gt; International<br \/>\nC\u2019est du baratin, tout \u00e7a. Quand tu voulais me s\u00e9duire, au d\u00e9but, tu ne parlais pas comme \u00e7a. J\u2019allais faire rena\u00eetre ton espoir, j\u2019allais te r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, inaugurer pour toi une vie nouvelle. Tu n\u2019es pas une \u00e9pave, L\u00e9opold, tu es un vulgaire d\u00e9magogue. Tu dirais n\u2019importe quoi, tout ce qui t\u2019arranges. Tu as eu tout ce que tu voulais et maintenant tu veux te d\u00e9barrasser de moi. Tu me parles de ton d\u00e9sarroi ! Foutaises, oui ! Tu veux me faire comprendre que j\u2019ai rien \u00e0 attendre de toi et en plus, tu veux te faire plaindre. C\u2019est malhonn\u00eate. Ce sont des grands mots, mais tu ne m\u2019auras pas comme \u00e7a. Oh ! Comme j\u2019ai \u00e9t\u00e9 b\u00eate, b\u00eate \u00e0 pleurer. Croire que je pourrais te faire partager mes sentiments, te redonner go\u00fbt \u00e0 la vie ? Tu parles ! Tu es un cas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. C\u2019est bien fait pour moi. Une illusion de moins.<br \/>\nVaclav Havel, LARGO DESOLATO<\/p>\n<p>13. L\u2019infirmi\u00e8re (fille) -&gt; International<br \/>\nJ\u2019en ai assez qu\u2019on se moque de moi. J\u2019en ai plein le dos de vos propositions ridicules. \u00c0 quoi bon persister quand vous savez tr\u00e8s bien que c\u2019est impossible ? Pourquoi poser toujours et sans fin la m\u00eame question, quand vous connaissez parfaitement la r\u00e9ponse ? Est-ce vraiment \u00e7a qui vous amuse ? Je ne vois pas quel genre de plaisir vous pouvez trouver \u00e0 vous obstiner comme \u00e7a ! Vous m\u2019aimez ? Et que voulez-vous que \u00e7a change ? M\u00eame si c\u2019est vrai ! Le preux chevalier amoureux brandit sa lance et la triste r\u00e9alit\u00e9 doit ramasser ses jupes en glapissant et prendre ses jambes \u00e0 son cou ? Mon preux chevalier, dont la seule v\u00e9ritable intention dans toute cette affaire, si l\u2019on y songe bien, et comme il l\u2019a avou\u00e9 lui-m\u00eame d\u00e8s le d\u00e9but, est et a toujours \u00e9t\u00e9 de pouvoir m\u2019attirer facilement dans son lit ?<br \/>\nEdward Albee, LA MORT DE BESSIE SMITH<\/p>\n<p>14. Sonia (seule) -&gt; International<br \/>\nIl ne m\u2019a rien dit\u2026 Son \u00e2me et son c\u0153ur me sont encore ferm\u00e9s, mais pourquoi alors est-ce que je me sens tellement heureuse ? (elle rit de bonheur) Je lui ai dit : Vous \u00eates s\u00e9duisant, g\u00e9n\u00e9reux, votre voix est douce\u2026 Est-ce d\u00e9plac\u00e9 ? Sa voix vibre et caresse\u2026 la voil\u00e0, je la sens dans l\u2019air\u2026 Quand je lui ai dit qu\u2019avec lui je sentais la terre s\u2019arr\u00eater, le soleil briller d\u2019avantage, il n\u2019a pas compris\u2026 Ou, peut-\u00eatre ne voulait-il pas comprendre ? Oh, comme il est atroce d\u2019\u00eatre laide ! Comme c\u2019est atroce ! Et je sais que je suis laide, je le sais, je le sais\u2026 L\u2019autre dimanche, comme nous sortions de l\u2019\u00e9glise, j\u2019ai entendu qu\u2019on parlait de moi, une femme disait : \u00ab Elle est bonne, g\u00e9n\u00e9reuse, comme c\u2019est dommage qu\u2019elle ne soit pas jolie \u00bb\u2026 Je suis laide !\u2026<\/p>\n<p>15. Rose-aim\u00e9e (Adapt\u00e9 du texte original) -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<br \/>\nRis pas, c\u2019est s\u00e9rieux. Maurice fait de moi une sorte de madone juch\u00e9e sur un pi\u00e9destal. Je ne suis plus une femme, mais une muse, une colombe, une Diva, comme la grande C\u00e9line Dion. Je ne peux pas imaginer rester pour lui une idole qu\u2019on admire en restant muet ! La vie de m\u00e9nage avec lui, c\u2019est terrifiante \u00e0 envisager\u2026 Je vais me fatiguer de cet amour. Je vais me sentir \u00e9touffer de toutes ses attentions, de ses pr\u00e9voyances. Toute une vie de cet amour trop grand, in\u00e9gal m\u2019effraie. Toute une vie de routine, de train-train quotidien, avec cet homme\u2026 le m\u00eame homme\u2026 Il m\u2019\u00e9nerve ! Mais pourquoi ? Il est tout ce qu\u2019une femme peut r\u00eaver : un amour inconditionnel et constant. Non, Manon, si tu le veux, je te le laisse. Je ne suis pas pr\u00eate pour \u00e7a\u2026 je veux rester libre\u2026 Ah ! Il m\u2019\u00e9nerve.<\/p>\n<p>16. Martha (apr\u00e8s un silence, avec une passion croissante) -&gt; International<br \/>\nTout ce que la vie peut donner \u00e0 un homme lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9. Il a quitt\u00e9 ce pays. Il a connu d\u2019autres espaces, la mer, des \u00eatres libres. Moi, je suis rest\u00e9e ici. Je suis rest\u00e9e, petite et sombre, dans l\u2019ennui, enfonc\u00e9e au c\u0153ur du continent et j\u2019ai grandi dans l\u2019\u00e9paisseur des terres. Personne n\u2019a embrass\u00e9 ma bouche. M\u00e8re, je vous le jure, cela doit se payer. Et sous le vain pr\u00e9texte que mon fr\u00e8re est mort, vous ne pouvez vous d\u00e9rober au moment o\u00f9 j\u2019allais recevoir ce qui m\u2019est d\u00fb. Comprenez donc que, pour un homme qui a v\u00e9cu, la mort est une petite affaire. Nous pouvons oublier votre fils et mon fr\u00e8re. Ce qui lui est arriv\u00e9 est sans importance : il n\u2019avait plus rien \u00e0 conna\u00eetre. Mais moi, vous me frustrez de tout et vous m\u2019\u00f4tez de tout ce qu\u2019il a eu ! Faut-il donc qu\u2019il m\u2019enl\u00e8ve encore l\u2019amour de ma m\u00e8re et qu\u2019il vous emm\u00e8ne pour toujours dans sa rivi\u00e8re glac\u00e9e.<\/p>\n<p>17. Truffaldin, seul -&gt; International<br \/>\nJe n\u2019en peux plus, j\u2019en au par-dessus la t\u00eate d\u2019attendre. Avec ce ma\u00eetre qui est le mien, on mange peu, et ce peu, il vous le fait soupirer apr\u00e8s. Il y a une demi-heure que midi a sonn\u00e9 au carillon mais il doit bien avoir deux heures qu\u2019il a sonn\u00e9 au carillon de mon estomac. Si seulement je savais o\u00f9 nous allons loger. La premi\u00e8re chose que font les autres, d\u00e8s qu\u2019ils arrivent en ville, c\u2019est d\u2019aller \u00e0 l\u2019auberge. Mais lui, non ! Il laisse ses bagages \u00e0 la fontaine, il va faire des visites et il ne pense pas \u00e0 son pauvre valet ! Quand on nous a dit qu\u2019il faut servir son ma\u00eetre avec amour, on devrait bien dire aussi aux ma\u00eetres d\u2019avoir un peu de piti\u00e9 pour leurs serviteurs. Tiens ! Une h\u00f4tellerie ! Pou un peu, j\u2019irai voir si dans cette h\u00f4tellerie il n\u2019y aurait pas quelque chose \u00e0 se mettre sous la dent. Mais si mon ma\u00eetre me cherche ? Tant pis pour lui, \u00e7a lui apprendra un peu \u00e0 se conduire de la sorte. Oui, je vais y aller\u2026 mais j\u2019y pense\u2026 il y a une petite difficult\u00e9 : J\u2019oubliais que je n\u2019ai m\u00eame pas un petit sou. Oh pauvre truffaldin !<br \/>\nGoldoni, Le valet de deux ma\u00eetres<\/p>\n<p>18. Hamlet -&gt; International<br \/>\n\u00catre ou ne pas \u00eatre, telle est la question. Y a-t-il pour l\u2019\u00e2me plus de noblesse \u00e0 endurer les coups et les revers d\u2019une injurieuse fortune, ou s\u2019armer contre elle pour mettre frein \u00e0 une mar\u00e9e de douleurs ? Mourir : Dormir; c\u2019est tout. Calmer enfin, dit-on, dans le sommeil les affreux battements de mon c\u0153ur; quelle conclusion des maux h\u00e9r\u00e9ditaires serait plus d\u00e9votement souhait\u00e9e ? Mourir, dormir; dormir\u2026 r\u00eaver peut-\u00eatre. C\u2019est l\u00e0 le hic ! Car, \u00e9chapp\u00e9 des liens charnels, si, dans ce sommeil du tr\u00e9pas, il nous vient des songes\u2026 halte-l\u00e0 ! Cette consid\u00e9ration prolonge la calamit\u00e9 de la vie. Car, sinon, qui supporterait du sort les soufflets et les avanies, les torts de l\u2019oppresseur, les outrages de l\u2019orgueilleux, les affres de l\u2019amour d\u00e9daign\u00e9, les remises de la justice, l\u2019insolence des gens officiels, les rebuffades que les m\u00e9ritants rencontrent aupr\u00e8s des indignes, alors qu\u2019un petit coup de pointe viendrait \u00e0 bout de tout cela !<br \/>\nShakespeare, Hamlet<\/p>\n<p>19. Fanny<br \/>\nTu \u00e9tais le p\u00e8re d\u2019un petit b\u00e2tard dont la naissance \u00e9tait un d\u00e9sastre pour la famille. Le p\u00e8re d\u2019un enfant sans nom, port\u00e9 par une pauvre fille dans la honte et le d\u00e9sespoir.. Un pauvre enfant de dispensaire ou d\u2019h\u00f4pital. O\u00f9 est-il cet enfant ? Il n\u2019existe plus, ce n\u2019est pas le mien. Le mien, il est n\u00e9 dans un grand lit de toile fine, entre les grands-m\u00e8res et les grande-tantes, un beau-fr\u00e8re qui \u00e9tait venu tout juste expr\u00e8s pour entendre le premier cri. De partout o\u00f9 vivaient les parents de mon mari, il y avait une grande joie dans trente maisons, parce que dans le lit de ma\u00eetre Pignon, un tout petit enfant venait de na\u00eetre, tout juste \u00e0 la pointe du jour, le matin de P\u00e2ques ! Va Marius Pignon, tu as les dents pointues, mais n\u2019essaie pas de mordre la pierre. Cet enfant, tu ne l\u2019auras pas. Il est plant\u00e9 en haut d\u2019une famille comme une croix sur un clocher !<\/p>\n<p>20. Dom juan -&gt; International<br \/>\nQuoi ? Tu veux qu&#8217;on se lie \u00e0 demeurer au premier objet qui nous prend, qu&#8217;on renonce au monde pour lui? La belle chose que d&#8217;\u00eatre fid\u00e8le, et d&#8217;\u00eatre mort \u00e0 toutes les autres beaut\u00e9s qui peuvent frapper nos yeux : non, non, la constance n&#8217;est bonne que pour des ridicules, toutes les Belles ont droit de nous charmer, et l&#8217;avantage d&#8217;\u00eatre rencontr\u00e9e la premi\u00e8re. J&#8217;aurais beau m\u2019engager, l&#8217;amour que j\u2019ai pour une belle, ne devrait pas m\u2019emp\u00eacher de faire justice aux autres! Tout le plaisir de l&#8217;amour est dans le changement. On se bat pour gagner leur c\u0153ur et lorsqu\u2019on en est ma\u00eetre une fois, il n&#8217;y a plus rien souhaiter. Je me sens un c\u0153ur \u00e0 aimer toute la terre; et je souhaiterais qu&#8217;il y eut d&#8217;autres mondes, pour y pouvoir \u00e9tendre mes conqu\u00eates amoureuses.<\/p>\n<p>21. Marie-Ange -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<br \/>\nJe voulais t\u2019attendre, t\u2019attendre tant qu\u2019il faudrait, malgr\u00e9 le vide que j\u2019avais dans la t\u00eate, \u00e0 force d\u2019\u00eatre priv\u00e9e de te voir, d\u2019entendre ta voix, de t\u2019embrasser\u2026 Toi, tu avais seulement \u00e0 te battre contre toi-m\u00eame. Tandis que moi, au lieu de m\u2019aider \u00e0 me tenir debout, tout le monde ici me poussait, m\u2019\u00e9tourdissait d\u2019objections, me prouvais que j\u2019avais tord de t\u2019attendre, que j\u2019\u00e9tais trop jeune pour savoir si je t\u2019aimais. Ils m\u2019ont rendus malade \u00e0 me r\u00e9p\u00e9ter que tu m\u2019oublierais \u00e0 la guerre et que tu me reviendrais jamais\u2026 Il me l\u2019ont r\u00e9p\u00e9t\u00e9, tellement, sur tous les tons et de tous les c\u00f4t\u00e9s, qu\u2019\u00e0 la fin, ils sont venus \u00e0 bout de me faire douter de toi comme j\u2019aurais dout\u00e9 du ciel. Je t\u2019ai tromp\u00e9, je ne suis plus digne de toi\u2026 mais tu sais que je t\u2019aime ! tout \u00e7a est arriv\u00e9 si vite\u2026<\/p>\n<p>22. Joanne-&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<br \/>\nJ\u2019s\u2019rai m\u00eame pas capable de faire une coiffeuse ! Chus trop narveuse ! J\u2019\u00e9tais trop narveuse pour continuer l\u2019\u00e9cole, \u00e7a fait qu\u2019y m\u2019ont dit d\u2019apprendre un m\u00e9tier\u2026 Mais chus pas capable de rien faire ! \u00c7a sert \u00e0 tien ! Chus pas capable de faire une coiffeuse ! J\u2019peux pas me sarvir de mes deux mains, j\u2019pense toujours \u00e0 d\u2019autre choses quand je travaille ! Chus pas capable de fixer mon attention sur c\u2019que je fais ! Y\u2019a quelque chose dans ma t\u00eate qui d\u00e9croche tout le temps\u2026 Si au moins j\u2019\u00e9tais intelligente comme moman, j\u2019essayerais de m\u2019en sortir\u2026 Mais non, il fallait que j\u2019aie la t\u00eate de mon p\u00e8re\u2026 Chus pus capable de rien faire !<\/p>\n<p>23. Catherine -&gt; Internatoinal<br \/>\nT\u2019as voulu changer le monde et t\u2019as toujours trouv\u00e9 anormal de te faire une tasse de caf\u00e9 calmement le matin. T\u2019est plus capable d\u2019entendre les discours que t\u2019entends depuis quinze ans, mais t\u2019en veux encore parce que t\u2019es pas capable de faire autre chose. T\u2019es malheureux \u00e0 crier, mais, plut\u00f4t que de changer, tu t\u2019acharnes contre moi parce que tu supportes pas que je sois moins malheureuse que toi. Tu vis juste pour ton m\u00e9tier, tu vis par pour toi ; t&#8217;es juste un journaliste, t&#8217;es pas un homme. T&#8217;as jamais \u00e9t\u00e9 int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 apprendre autre chose&#8230; jamais !<br \/>\nJ\u2019ai essay\u00e9, mon dieu oui, j\u2019ai essay\u00e9 de te rendre heureux. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 maladroite, c\u2019est s\u00fbr. Puis inconsciente, et puis s\u00e8che. Mais de te voir battre et te d\u00e9battre dans un trou noir, comme un chien enrag\u00e9 qui ne sait pas quelle maladie il a et te battre contre moi qui te demande plus grand-chose. C\u2019est \u00e7a que je trouve le plus souffrant. J\u2019ai perdu ce que j\u2019aimais le plus au monde. Et je peux plus rien faire d\u2019autre que de m\u2019en aller moi aussi.<\/p>\n<p>24. Jacinthe -&gt; International<br \/>\nJe sais pas comment t&#8217;as fait pour te garder la t\u00eate dans le sable tout ce temps-l\u00e0. C\u2019est pas juste avec Marco. Le centre est au bord de la ruine pour la m\u00eame raison. Je parle de toi\u2026 de ton aveuglement\u2026 t\u2019est pas capable de vivre avec toi-m\u00eame. Tu veux pas voir que tu es un homme sans \u00e2me. Tu m\u2019aimes pas Eddy. Pas moi.. Juste ce que je repr\u00e9sente. Pis Marco, tu voudrais qu\u2019ils soit un artiste mais tu refuses de le laisser crier. Son cri t\u2019obligerait \u00e0 faire face au vide en dedans de toi. C&#8217;est pas avec ton nouveau centre culturel que tu vas pouvoir racheter tes fautes. Le nouveau centre, ce sera une plus grosse cage dans laquelle tu voudras t\u2019enfermer. On nourrit pas la cr\u00e9ativit\u00e9 avec du ciment. T\u2019as rat\u00e9 ton coup Eddy. En tant que directeur g\u00e9n\u00e9ral, en tant que mari et en tant que p\u00e8re.<\/p>\n<p>25. L\u2019anti-monologue -&gt; International<br \/>\nNon! Je m&#8217;en vais! Cela m&#8217;agace! Il y a l\u00e0, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, ce grand blond, vous savez, ce grand blond qui dit des monologues&#8230; Eh bien! il en dit un en ce moment!&#8230;<br \/>\nDes monologues! Si j&#8217;\u00e9tais politicien, je les interdirait ! Un homme raisonnable ne parle pas tout seul: il pense, et alors il ne parle pas! C&#8217;est ce qui le distingue des fous qui parlent et qui ne pensent pas. \u00c7a me rend malade! Quelqu\u2019un vient nous d\u00e9biter un monologue&#8230; De quel droit? Qui est-ce qui lui demande quelque chose? Enfin, c&#8217;est comme si je venais vous en dire un, moi! Hein! Qu\u2019est-ce que vous diriez? Eh bien! Nous sommes du m\u00eame avis. Ah! si jamais je venais comme cela, \u00e0 propos de rien, vous raconter mes petites affaires, je voudrais que chacun de vous se lev\u00e2t et me cri\u00e2t: &#8220;Allez-vous-en! allez-vous-en!&#8221;<br \/>\nMonologue dit par Coquelin Cadet.<\/p>\n<p>26. L\u2019aveugle -&gt; International<br \/>\nBon, \u00e7a fait trois arr\u00eats qu&#8217;on passe. C&#8217;est vraiment plein, c&#8217;est fou&#8230; Merde, j&#8217;ai lev\u00e9 les yeux au ciel. J&#8217;esp\u00e8re qu&#8217;on ne me regarde pas. Ridicule ! On me regarde, c&#8217;est s\u00fbr : on regarde toujours les aveugles. Tiens&#8230; Il y en a deux qui se chicanent. Un jeune homme qui se plaint. Ils ont des yeux et ne s&#8217;en servent pas. \u00abMais non ! Esp\u00e8ce de con ! T&#8217;as qu&#8217;\u00e0 avoir les pieds moins longs !\u00bb C&#8217;est dr\u00f4le comme phrase, et comme il la dit. T&#8217;as qu&#8217;\u00e0 avoir les pieds moins longs&#8230; non&#8230; en plus court : T&#8217;as qu&#8217;\u00e0 voir&#8230; Qu&#8217;\u00e0 voir?&#8230; Moi, je vois rien, de toute fa\u00e7on. Oups ! J&#8217;esp\u00e8re que je n&#8217;ai pas soupir\u00e9 trop fort ou trop grimac\u00e9. Il faut que j&#8217;arr\u00eate de penser devant les gens. J&#8217;ai oubli\u00e9 de compter&#8230; Est-ce que je demande mon chemin ?&#8230; Non, je vais le reconna\u00eetre au tournant. Esp\u00e9rons qu&#8217;on l&#8217;a pas d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9&#8230; Merde, c\u2019est le terminus. J\u2019en peux plus&#8230; Pourquoi je n\u2019ai pas cette chance, pourquoi dois-je vivre dans le noir.<br \/>\nAuteur inconnu.<\/p>\n<p>27. Incendies -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois. expression internationale<br \/>\nComment pouvez-vous la prendre au s\u00e9rieux ? Je veux dire pendant dix ans elle passe ses journ\u00e9es au palais de justice \u00e0 assister \u00e0 des proc\u00e8s sans fin de tordus, de vicieux et d\u2019assassins de tous genre : Puis, du jour au lendemain, elle se tait, ne dis plus un mot ! Jamais pendant des ann\u00e9es ! Cinq ans sans parler, c\u2019est long ! Plus une parole, plus un son, plus rien ne sort de sa bouche ! Elle p\u00e8te une fuze si vous pr\u00e9f\u00e9rez et elle s\u2019invente un mari encore vivant, mort depuis des lustres et un autre fils qui n\u2019a jamais exist\u00e9, parfait fabulation d\u2019un enfant qui n\u2019a jamais exist\u00e9 ! Et elle veut que moi, j\u2019aille le chercher ce fils qui n\u2019existe pas ? Si vous \u00eates capable de me faire croire qu\u2019il s\u2019agit de l\u00e0 des derni\u00e8res volont\u00e9s de quelqu\u2019un qui a toute sa t\u00eate !<br \/>\nIncendies Wadji Mouawad<\/p>\n<p>28. Tarzan -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois<br \/>\nVous pourriez pas vous passe de moi, tu le sais bien. Vous seriez toujours des inf\u00e9rieurs, des soldats sans grades que les officiers maltraitent. Vous conna\u00eetrez jamais l\u2019ind\u00e9pendance, vous profiterez jamais de rien. Vous prendrez votre temps \u00e0 penser aux autres. La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est qu\u2019y a que moi de vrai ici, y a que moi de vraiment voleur. Vous autres, vous vous amusez si tu veux le savoir, vous r\u00eavez d\u2019\u00eatre voleur mais vous \u00eates pas vrais. Tu me fais rire de plus en plus. Mes mains sont sales, mes doigts sont croches. Mes mains sont des vraies mains de voleur. Et des mains de voleur, c\u2019est habile. Vous, vous n\u2019\u00eates rien ! Rien sans moi.<br \/>\nZone, Marcel Dub\u00e9<\/p>\n<p>29. Lucifer -&gt; International<br \/>\nLe Monstre : \u00d4 calomniateurs, voyez avec quelle assurance nous sommes parvenus \u00e0 d\u00e9jouer vos plans ! Voyez \u00e0 quel point la fascination que nous exer\u00e7ons sur vous est puissante. Vous voulez nous oublier, vous cherchez \u00e0 tuer vos d\u00e9mons, mais nous sommes inscrits dans votre nature. Quoi que vous fassiez, jamais vous ne vous s\u00e9parerez de nous. Vous s\u00e9parer de nous ce serait perdre une partie de votre identit\u00e9. Continuez vos exorcismes, pers\u00e9v\u00e9rez dans votre effort si c\u2019est ce \u00e0 quoi vous aspirez, mais ne vous faites aucune illusion. Le Monstre est l\u00e0, derri\u00e8re chaque ombre, chaque carrefour de votre \u00e2me sinueuse. Il se repa\u00eet d\u2019avance de l\u2019angoisse que vous allez lui offrir sans m\u00eame qu\u2019il ait \u00e0 se mat\u00e9rialiser autrement que par un souffle d\u2019air. Nous sommes un<br \/>\nchat qui hurle, un radiateur mal vidang\u00e9, une coupure de courant. Nous sommes une id\u00e9e qui traverse l\u2019esprit d\u2019un dictateur ou d\u2019un \u00e9crivain. Nous sommes les t\u00e9moins de la fuite effr\u00e9n\u00e9e de l\u2019\u00eatre humain contre lui-m\u00eame, les preuves de son \u00e9chec immuable. Et si par m\u00e9garde vous\u2026<\/p>\n<p>30. Ph\u00e8dres, Jean Racine -&gt; International<\/p>\n<p>H\u00e9las! Qu\u2019un tel exil, Seigneur, me serait cher! Dans quels ravissements, \u00e0 votre sort li\u00e9e, Du reste des mortels je vivrais oubli\u00e9e! Mais n&#8217;\u00e9tant point unis par un lien si doux, me puis-je avec honneur d\u00e9rob\u00e9 avec vous? Je sais que sans blesser l&#8217;honneur le plus s\u00e9v\u00e8re, je me puis affranchir des mains de votre p\u00e8re : Ce n&#8217;est point m&#8217;arracher du sein de mes parents, et la fuite est permise \u00e0 qui fuit ses tyrans.<br \/>\nPh\u00e8dres, Jean Racine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monologues classiques 1. JEAN (Gar\u00e7on) -&gt; Qu\u00e9b\u00e9cois Envoie-donc, Marie\u2026 Je me ronge les sangs, puis \u00e7a fait un bon bout de temps, \u00e0 cause de toi. Tu le sais l\u00e0. Je devrais pas te le dire, tu vas rire de moi. 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