{"id":1850,"date":"2011-01-28T11:46:25","date_gmt":"2011-01-28T16:46:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/"},"modified":"2011-01-28T12:45:07","modified_gmt":"2011-01-28T17:45:07","slug":"la-prehistoire","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-prehistoire\/","title":{"rendered":"La pr\u00e9histoire"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Vers &#8211; 10 000 avant J.-C.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le temps des cavernes, des peaux de b\u00eates et de la cueillette. Le  temps des c\u00e9r\u00e9monies\u00a0 magiques. Les femmes s\u2019occupent des enfants et  l\u2019homme chasse\u00a0: pour attirer les animaux, il se d\u00e9guise, se travestit  comme eux. Ces \u2018rites\u2019 \u00e9taient de la magie (avec un caract\u00e8re secret),  donc non publics ( le caract\u00e8re public et le jeu caract\u00e9risant le  th\u00e9\u00e2tre) mais c\u2019est utilitaire, dans ce cas, donc ce n\u2019est pas un jeu.<\/p>\n<p><strong><em>Vers- 6000 avant J.-C.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L\u2019homme se s\u00e9dentarise gr\u00e2ce \u00e0 la femme qui a l\u2019id\u00e9e de planter des  graines: c\u2019est le travail de la terre. L\u2019homme s\u2019y met aussi, fier de sa  femme\u2026 Le culte de la d\u00e9esse-terre\/m\u00e8re appara\u00eet, avec lui, des \u2018f\u00eates  du printemps\u2019, explosion de joie de vivre. De la mort \u00e0 la naissance. On  f\u00eate l\u2019agriculture, la renaissance de la nature. C\u2019est aussi  l\u2019apparition du jeu du <strong>\u2018monde renvers\u00e9\u2019<\/strong> (un inf\u00e9rieur commande \u00e0  un sup\u00e9rieur \u2013 cet inf\u00e9rieur se travestit, se rend m\u00e9connaissable par  peur de repr\u00e9sailles- C\u2019est un divertissement collectif. Peut-\u00eatre <strong>un d\u00e9but de th\u00e9\u00e2tre\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vers &#8211; 5.000 avant J.-C.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La civilisation agricole se fixe autour de la mer M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0  (soci\u00e9t\u00e9s matriarcales, les femmes sont honor\u00e9es, elles dirigent le  clan). C\u2019est l\u2019apparition d\u2019une mythologie primitive et de f\u00eates en  l\u2019honneur de la Terre-M\u00e8re, appel\u00e9e Ga\u00efa. D\u00e9esse effrayante car selon la  mythologie primitive, l\u2019Enfer fait partie de son champ d\u2019action.<\/p>\n<p>On la \u2018d\u00e9triple\u2019 en trois nouvelles entit\u00e9s\u00a0:\u00a0D\u00e9m\u00e9ter, terre-m\u00e8re \/  Pers\u00e9phone, sa fille, d\u00e9esse du printemps \/Had\u00e8s, Dieu des Enfers, son  oncle.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi la naissance du Culte de D\u00e9m\u00e9ter avec les Myst\u00e8res d\u2019Eleusis\u00a0:\u00a0 <strong>jeux sc\u00e9niques en l\u2019honneur de D\u00e9m\u00e9ter<\/strong>, r\u00e9serv\u00e9s aux initi\u00e9s tenus au secret.<\/p>\n<p>Voici ce qu\u2019a \u00e9crit Franca Rame, \u00e0 propos de D\u00e9m\u00e9ter et de ces rites  primitifs dans un extrait de l\u2019ouvrage \u2018Le gai savoir de l\u2019acteur\u2019, de  Dario Fo, p. 292 \u00e0 294. Alors que les historiens du th\u00e9\u00e2tre s\u2019accordent \u00e0  dire que la femme n\u2019a eu que bien tard une place au th\u00e9\u00e2tre (en qualit\u00e9  d\u2019actrice), le texte ci-dessous d\u00e9voile au contraire que <strong>la femme occupait une place essentielle dans ces cultes et f\u00eates primitifs<\/strong>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 J\u2019ai dit en commen\u00e7ant qu\u2019au temps des Grecs, une femme ne  pouvait pas monter sur sc\u00e8ne. C\u2019est toutefois un veto qui ne s\u2019est  impos\u00e9 qu\u2019\u00e0 partir du VIIe si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p>Dans des temps plus anciens, au contraire, les femmes jouaient et  inventaient des histoires dont elles \u00e9taient les protagonistes. C\u2019est  avec un certain orgueil que je peux r\u00e9v\u00e9ler que m\u00eame <strong>la trag\u00e9die, dans la forme la plus archa\u00efque, a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e par des femmes<\/strong>. Et d\u00e9tail \u00e9tonnant, ces trag\u00e9dies se d\u00e9veloppaient \u00e0 partir de sch\u00e9mas comiques et m\u00eame bouffons.<\/p>\n<p>En effet, comme le dit Roberto Tessari dans son <em>Teatro del corpo, teatro della parola<\/em>,  le rite d\u2019Eleusis, forme premi\u00e8re du spectacle tragique, est n\u00e9 en  souvenir d\u2019une bouffonnerie invent\u00e9e par une fille pleine d\u2019esprit pour  arracher D\u00e9m\u00e9ter, m\u00e8re de Cor\u00e9, \u00e0 son d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p>La Terre-M\u00e8re descendait de l\u2019Olympe o\u00f9 elle s\u2019\u00e9tait violemment  heurt\u00e9e aux dieux, car ils n\u2019avaient pas acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 sa demande. La d\u00e9esse  les avait pri\u00e9s de lui faire rendre sa fille qu\u2019Had\u00e8s avait enlev\u00e9e, et  les dieux s\u2019\u00e9taient moqu\u00e9s d\u2019elle. Indign\u00e9e, D\u00e9m\u00e9ter \u00e9taient revenue  dans les vall\u00e9es et s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e \u00e0 Eleusis chez des h\u00f4tes g\u00e9n\u00e9reux.  Mais elle restait \u00e0 l\u2019\u00e9cart dans l\u2019atrium, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Elle avait m\u00eame  refus\u00e9 le vin que Baub\u00f4, la fille pleine d\u2019esprit lui avait offert.<\/p>\n<p>Baub\u00f4, qui dans le rite d\u2019Eleusis est d\u00e9sign\u00e9e comme \u2018la fille de la  terre\u2019, se d\u00e9shabille et peint sur son ventre deux grands yeux, un nez,  et un peu au-dessus du pubis, une bouche. Mettons que le nombril soit le  troisi\u00e8me \u0153il. Elle cache son visage et son buste sous de l\u2019\u00e9toupe, ce  qui fait une grande chevelure sur un grand et gros visage. En se  d\u00e9hanchant, en creusant et en gonflant alternativement son ventre, elle  improvise devant la d\u00e9esse une danse avec des \u00e9pisodes obsc\u00e8nes et  chante des vers un peu lestes. D\u00e9m\u00e9ter sourit\u2026 elle rit, m\u00eame, et  s\u2019amuse. La fille de la terre a r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9livrer la Terre-M\u00e8re de la  tristesse. C\u2019est le retour de la joie et de la vie dans la cr\u00e9ation\u2026  dans le monde des hommes.<\/p>\n<p>Aux origines du n\u00f4 japonais, il y a des r\u00e9cits analogues. On y trouve  aussi une divinit\u00e9 offens\u00e9e contre les autres dieux. Il s\u2019agit du  Soleil en personne\u00a0: il s\u2019est enferm\u00e9 dans une grotte et ne veut plus en  sortir. La Terre est envelopp\u00e9e dans la plus profonde obscurit\u00e9. Les  dieux sont r\u00e9unis devant la grotte autour du feu, esp\u00e9rant que le Soleil  va renoncer \u00e0 sa col\u00e8re. Ou qu\u2019il daigne au moins les \u00e9couter.<\/p>\n<p>En attendant la jeune fille \u2013 notez que c\u2019est toujours la femme qui  invente le jeu comique \u2013 une gracieuse demi-d\u00e9esse, monte sur une dalle  de pierre pr\u00e8s du feu et se met \u00e0 chanter. Elle commence \u00e0 se mouvoir en  mettant en \u00e9vidence l\u2019extraordinaire beaut\u00e9 de son corps, elle esquisse  des pas de danse et se d\u00e9v\u00eat. Pendant le \u2018strip-tease\u2019, la jeune femme  s\u2019excite et introduit des variantes obsc\u00e8nes. Les paroles qu\u2019elle chante  prennent aussi des accents d\u2019un comique os\u00e9. Les dieux rient et  applaudissent.<\/p>\n<p>Du fond de son antre, le Soleil entend les \u00e9clats de rire et, par  curiosit\u00e9, jette un regard \u00e0 travers une fente. Pour mieux \u00e9pier, il  d\u00e9place la grosse pierre qui bouche l\u2019entr\u00e9e de la grotte. Le soupirail  s\u2019\u00e9largit. Une \u2018d\u00e9coupe\u2019 de lumi\u00e8re \u00e9claire la jeune \u2018strip-teaseuse\u2019  qui, flatt\u00e9e, accentue les d\u00e9hanchements et les pause lascives, parmi  les applaudissements et les sifflements de charretiers de l\u2019assembl\u00e9e  des dieux, dont on conna\u00eet le vice\u00a0! Le Soleil aussi rit et applaudit.  Et c\u2019est la fin des hostilit\u00e9s. La vie reprend.<\/p>\n<p>Dans les deux plus anciennes formes de trag\u00e9die qu\u2019on connaisse, nous avons donc au d\u00e9part la <strong>catharsis par le rire et l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 sexuelle qui lib\u00e8rent la lumi\u00e8re et l\u2019harmonie<\/strong>. Col\u00e8re, haine, peur sont ainsi, dans toutes les repr\u00e9sentations populaires, exorcis\u00e9es et r\u00e9solues dans le jeu grotesque.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong><em>Vers &#8211; 3000 avant J.-C.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019\u00e2ge des m\u00e9taux. Pendant deux si\u00e8cles, des tribus  guerri\u00e8res d\u2019Asie centrale envahissent le monde connu (invasions  aryennes) et imposent le retour du patriarcat, de la force masculine,  des arm\u00e9es. Leurs femmes sont clo\u00eetr\u00e9es et esclaves.<\/p>\n<p>C\u2019est alors un <strong>dieu du Printemps<\/strong> que l\u2019on doit honorer. Un  m\u00e2le, sauvage et joyeux et de nouvelles f\u00eates remplacent les f\u00eates  agraires\u00a0: des mouvements fr\u00e9n\u00e9tiques, <strong>une \u2018plong\u00e9e\u2019 dans le chaos originel pour lever pour un temps pr\u00e9cis des tabous, des interdits<\/strong>, notamment sexuels\u2026 apparition de l\u2019orgie rituelle.<\/p>\n<p><strong><em>Vers &#8211; 2000 avant J.-C.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Les invasions indo-europ\u00e9ennes se poursuivent, envahissent notamment la  Gr\u00e8ce, c\u2019est la p\u00e9riode des cit\u00e9s (Sparte, Myc\u00e8nes, Th\u00e8bes, Argos,  Ath\u00e8nes, etc.) qui deviendront de florissantes villes commer\u00e7antes. Les  \u2018Grecs\u2019 s\u2019installent et se cherchent un pass\u00e9 flatteur. Alors on demande  \u00e0 Hom\u00e8re, qui est po\u00e8te, de raconter une \u00e9pop\u00e9e fondatrice\u2026 la guerre  de Troie\u00a0!\u00a0Pendant ce temps, on \u00e9limine les basileus (rois h\u00e9r\u00e9ditaires)  pour que ce soient les \u00abmeilleurs\u00a0\u00bb qui exercent le pouvoir\u00a0: les  aristocrates.\u00a0Cela devient une f\u00e9odalit\u00e9 commer\u00e7ante qui exploite les  citoyens pauvres en leur louant des terres tr\u00e8s, trop cher. Les familles  nobles prennent la t\u00eate des cit\u00e9s en profitant des paysans, ce qui  accentue les in\u00e9galit\u00e9s et pendant ce temps\u2026 un nouveau dieu venu d\u2019Asie  s\u2019impose (Dionysos).<\/p>\n<p><strong><em>Vers &#8211; 800 avant J.-C.\u00a0: le d\u00e9veloppement du culte de Dionysos<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Dieu du printemps, joyeux, <strong>souffrant<\/strong> ( embryon de la trag\u00e9die\u00a0!), ami des hommes et <strong>qui entra\u00eene les femmes<\/strong> de la ville d\u2019ordinaire clo\u00eetr\u00e9es. C\u2019est ,entre autres, le dieu de la  vigne, du vin, de l\u2019ivresse, mais aussi de l\u2019ivresse po\u00e9tique, du don de  voyance et finalement <strong>du th\u00e9\u00e2tre<\/strong> \u2013 Commencent les orgies dionysiaques,\u00a0<strong>culture rurale du \u2018chaos tournoyant\u2019 <\/strong>qui en deux si\u00e8cles, prendra la forme du<strong> th\u00e9\u00e2tre<\/strong>.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution du \u2018chaos tournoyant\u2019 et du r\u00f4le des acteurs\u00a0:<\/p>\n<p>o\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tout le village participe\u00a0: on chante et danse , c\u2019est  l\u2019ivresse collective et on tourne autour d\u2019une borne de pierre,\u00a0un  autel\u00a0,et on y boit. Ensuite on y sacrifie un bouc.<\/p>\n<p>o\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cela devient l\u2019anneau tournant (on chante et danse) autour de l\u2019autel qui se r\u00e9duit aux <strong>hommes <\/strong>du village les plus<strong> dou\u00e9s<\/strong> (Selon qui\u00a0? je ne sais pas.). Les autres <strong>villageois <\/strong>sont<strong> \u2018regardants\u2019<\/strong>, ce sont les premiers spectateurs. Les plus inspir\u00e9s des \u2018choreutes\u2019 improvisent.<\/p>\n<p>o\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et puis, un choreute plus inspir\u00e9 que les autres monte sur  l\u2019autel et y poursuit son improvisation en solo. Il devient le coryph\u00e9e,  le chef du ch\u0153ur et guide les autres qui lui r\u00e9pondent.<\/p>\n<p>o\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Une table ( la \u2018sc\u00e8ne\u2019) est plac\u00e9e pr\u00e8s de l\u2019autel\u00a0: le  coryph\u00e9e qui y saute (saltare in banco veut dire saltimbanque) peut y  gesticuler \u00e0 l\u2019aise.<\/p>\n<p>o\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ses improvisations deviennent de plus en plus importantes\u00a0:  on les nomme le \u2018dithyrambe\u2019\u00a0: Des \u2018vedettes\u2019 parmi les coryph\u00e9es  s\u2019affirment et font la renomm\u00e9e de leur village.<\/p>\n<p>Pour canaliser le culte de Dionysos et son effrayant \u2018chaos  tournoyant\u2019, on a l\u2019id\u00e9e, au d\u00e9but du VIe si\u00e8cle, de faire appel \u00e0 des \u2018<strong>rhapsodes<\/strong>\u2019  comme coryph\u00e9es du \u2018Dithyrambe\u2019 (ce sont des \u00e9loges et des r\u00e9cits  improvis\u00e9s pour glorifier et \u00e9voquer le dieu Dionysos pendant les  \u2018orgies\u2019 dionysiaques).<\/p>\n<p>Ce sont des <strong>conteurs professionnels<\/strong> qui se produisent au coin  des rues des cit\u00e9s (ou dans de petites baraques) pour y raconter \u00e0 la  population la l\u00e9gende de Dionysos mais aussi et de plus en plus souvent,  des histoires de la guerre de Troie ou des grandes familles royales  grecques ( Les Atrides\u00a0: Agamemnon, Iphig\u00e9nie, Electre\u2026 &#8211; Les Labdacides  : \u0152dipe, Antigone\u2026). Ces conteurs utilisent peu \u00e0 peu un langage parl\u00e9  pour r\u00e9pondre au ch\u0153ur chant\u00e9. Un de ces c\u00e9l\u00e8bres rhapsodes est <strong>Thespis<\/strong> (n\u00e9 en -590).<\/p>\n<p>En -560\u00a0: Thespis, un de ces nouveaux coryph\u00e9es invente le <strong>masque en stuc<\/strong> (fait de chiffons et de colle) et la <strong>notion d\u2019acteur<\/strong> : en changeant de masque, il devient successivement les personnages  \u00e9voqu\u00e9s, qui dialoguent avec le ch\u0153ur. Il parcourt les villages en  chariot avec sa troupe, ses masques, son mat\u00e9riel et sa troupe  personnelle de choreutes (le chariot de Thespis\u00a0!). C\u2019est assur\u00e9ment un  premier \u2018professionnel\u2019, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, cette notion est peu  compatible avec sa mission\u00a0: c\u00e9l\u00e9brer un culte civique.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019en -560, Thespis se produit \u00e0 Ath\u00e8nes et scandalise  Solon, un vieux l\u00e9gislateur. En effet, Thespis jouait si bien, en  alternant tous les personnages, changeant de voix, de gestuel que Solon  lui demanda si il n\u2019avait\u00a0 pas <strong>honte de mentir si bien publiquement<\/strong>.  Il voulait l\u2019intimider, de peur que ce genre de comportement mensonger  ne se propage dans la cit\u00e9. Mais le th\u00e9\u00e2tre, n\u2019est-ce pas mentir pour  dire une v\u00e9rit\u00e9\u00a0? Que font les hommes qui dirigent la cit\u00e9\u00a0? Ne  mentent-ils pas\u00a0? Soit\u00a0! Cela n\u2019emp\u00eache pas Thespis,\u00a0 en \u2013 534,\u00a0 de  participer aux premi\u00e8res Dionysies (concours annuel d\u2019auteurs de  trag\u00e9die) institu\u00e9es par Pisistrate (le tyran de l\u2019\u00e9poque) et de  remporter la premi\u00e8re palme de ce concours.<\/p>\n<p>En institutionnalisant les Dionysies, le \u2018<strong>chaos tournoyant<\/strong>\u2019 devient un <strong>outil au service de la cit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>De plus, les l\u00e9gendes, les aventures des grandes familles royales ou  la guerre de Troie sont des aventures si riches et complexes que l\u2019art  du conteur ne suffit bient\u00f4t plus \u00e0 les transmettre.<\/p>\n<p>De la \u2018di\u00e9gesis\u2019, ou <strong>l\u2019imitation du r\u00e9cit racont\u00e9<\/strong>, appara\u00eet la n\u00e9cessit\u00e9 de passer \u00e0 l\u2019imitation de la <strong>repr\u00e9sentation des personnages agissants<\/strong> : la \u2018mim\u00e9sis\u2019. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessaire invention du th\u00e9\u00e2tre et d\u2019une s\u00e9rie de techniques pour repr\u00e9senter ces r\u00e9cits.<\/p>\n<hr style=\"width: 100%;\" \/><em>Toutes les pages : <\/em><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-prehistoire\/\">La Pr\u00e9histoire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-grece\/\">La Gr\u00e8ce<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/rome\/\">Rome<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/le-theatre-medieval\/\">Le th\u00e9\u00e2tre m\u00e9di\u00e9val<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/le-theatre-profane\/\">Le th\u00e9\u00e2tre profane<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/le-temps-des-auteurs\/\">Le temps des auteurs<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/angleterre-le-theatre-elisabethain\/\">Angleterre : le th\u00e9\u00e2tre \u00e9lisab\u00e9thain<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/l%E2%80%99italie-la-commedia-dell%E2%80%99arte\/\">L\u2019Italie : la Commedia Dell\u2019Arte <\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-comedie-des-masques\/\">La Com\u00e9die des Masques<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/carlo-goldoni-et-carlo-gozzi\/\">Carlo Goldoni et Carlo Gozzi<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-france-le-monopole\/\">La France : le Monopole <\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-france-le-monopole\/confreres-de-la-passion\/\">Confr\u00e8res de la Passion<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-france-le-monopole\/hotel-de-bourgogne\/\">H\u00f4tel de Bourgogne<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-france-le-monopole\/le-cardinal-de-richelieu\/\">Le Cardinal de Richelieu<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-france-le-monopole\/excommunication-des-comediens\/\">Excommunication des com\u00e9diens<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/apres-moliere%E2%80%A6-la-comedie-francaise\/\">Apr\u00e8s Moli\u00e8re\u2026 La Com\u00e9die-Fran\u00e7aise<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/la-foire\/\">La Foire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/le-temps-de-voltaire-1694-1778-de-marivaux-1688-1763\/\">le temps de Voltaire (1694-1778), de Marivaux (1688-1763)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/le-boulevard-du-temple-boulevard-du-crime\/\">Le Boulevard du Temple\u2026 Boulevard du Crime<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/1791-enfin-la-liberte-des-theatres-en-france\/\">1791 : enfin, la libert\u00e9 des th\u00e9\u00e2tres en France<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/au-xixe-siecle\/\">Au XIXe si\u00e8cle<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/\">Fin du XIXe, XXe si\u00e8cle : les metteurs en sc\u00e8ne <\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/andre-antoine-1858-%E2%80%93-1943\/\">Andr\u00e9 Antoine (1858 \u2013 1943)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/alfred-jarry-1873-1907\/\">Alfred Jarry (1873-1907)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/antonin-artaud-1896-1948\/\">Antonin Artaud (1896-1948)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/constantin-stanislavski-le-realiste-1863-1938\/\">Constantin Stanislavski le r\u00e9aliste (1863-1938)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/anton-tchekhov-1860-1904\/\">Anton Tch\u00e9khov (1860-1904)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/erwin-piscator-1893-1966\/\">Erwin Piscator (1893-1966)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/bertolt-brecht-1898-1956\/\">Bertolt Brecht (1898-1956)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/les-metteurs-en-scene\/le-tnp-theatre-national-populaire-de-jean-vilar-1912-1971\/\">Le TNP (Th\u00e9\u00e2tre National Populaire) de Jean Vilar (1912-1971)<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/le-happening\/\">Les ann\u00e9es soixante <\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/grotowski-et-le-theatre-pauvre\/\">Grotowski et le Th\u00e9\u00e2tre Pauvre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"..\/ressources\/histoire-du-theatre\/augusto-boal\/\">Augusto Boal (1931 \u2013 2009)<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vers &#8211; 10 000 avant J.-C. Le temps des cavernes, des peaux de b\u00eates et de la cueillette. Le temps des c\u00e9r\u00e9monies\u00a0 magiques. Les femmes s\u2019occupent des enfants et l\u2019homme chasse\u00a0: pour attirer les animaux, il se d\u00e9guise, se travestit comme eux. Ces \u2018rites\u2019 \u00e9taient de la magie (avec un caract\u00e8re secret), donc non publics [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"parent":1846,"menu_order":476,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1850","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1850","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1850"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1850\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1846"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.dramaction.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1850"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}